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David Goncalves
22 février 2019
350 objets d'art africain sortent d'un cabinet de curiosités

350 objets d'art africain sortent d'un cabinet de curiosités

Ce samedi 2 février sera vendue à Alençon une partie de la collection de Marc Aguirregabiria. Président de la chambre de commerce et d’industrie, cet esthète doublé d’un érudit est décédé en décembre 2017, avant d’avoir pu ouvrir son musée…

Les étagères monumentales du bureau de Marc Aguirregabiria ont beau s’être en partie vidées, il y reste quelque chose de sa passion. Au mur est accrochée une blouse de chaman, sur un rayonnage s’attardent une statue, un jouet, un tambour, tous africains. Une collection de bandes dessinées donne la réplique à un interminable alignement de disques, de films. Des livres d’art, posés en tas sur le parquet et qu’il n’a pas eu le temps d’ouvrir semblent autant de chapitres qu’il n’a pas eu le temps d’écrire.

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Marc Aguirregabiria collectionnait disques, films, livres, bandes dessinées… Mais son bureau recelait également des centaines de pièces d’art africain.

En décembre 2017, l’assureur argentanais, président de la chambre de commerce et d’industrie, disparaissait, à l’âge de 58 ans. Lâché par son corps, brutalement. Son épouse Isabelle parle toujours de lui au présent, doucement. La grande maison qu’ils partageaient, chemin de Frévent, est devenue trop vaste, sans lui : « Marc a grandi à Toulouse où il habitait dans un HLM, avec ses parents. Et il a toujours adoré collectionner. » Elle conclut : « Alors bien sûr, ensuite, il lui a fallu de grands espaces pour amasser. »

Scolarisation de jeunes Africaines

Quels que soient les sentiments que cette séparation lui inspire, elle a décidé de vendre une partie de la collection de son mari, avant de déménager. Quelque 350 pièces d’art africain ont pris la direction d’Alençon, où elles seront vendues aux enchères, à 14 h, ce samedi 2 février. « Sa collection totale représente peut-être un millier de pièces, estime-t-elle. Et toutes ont une histoire qui m’échappe, mais que lui connaissait… »

Les fétiches et leurs secrets vaudous ne lui inspirent pas la même fascination qu’à son époux. Lui, bien que souvent le nez plongé dans un dossier, trouvait le temps de lire au moins une heure par jour et s’était mis à étudier la Papouasie, la Nouvelle-Guinée, l’animisme… « Quand il allait à Paris, il passait visiter le musée du quai Branly ou le Louvre entre deux rendez-vous, s’attendrit Isabelle Aguirregabiria. Lui-même était un artiste. Il avait mis fin à ses études d’ingénieur pour devenir dessinateur de BD. »

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Marc Aguirregabiria s’engageait pour la scolarisation des filles en Afrique, notamment au Togo. C’est au travers de ces actions qu’il s’était pris de passion pour l’art africain.

Confronté à la difficulté de vivre de cette activité, il était entré comme guichetier, à la Banque populaire, dans les années 1980, avant de gravir les échelons jusqu’à en diriger l’agence de Vimoutiers, puis d’Argentan. En 1998, il s’était tourné vers les assurances. Le directeur de Partenaires plus , à Argentan, « aimait rendre service, se tournait facilement vers les autres. »

À tel point qu’il s’était engagé avec son épouse auprès du Rotary club, pour la scolarisation des jeunes filles africaines. « Nous étions allés ensemble en Afrique, en 2003, et nous avions trouvé ce voyage magique, se souvient Isabelle Aguirregabiria. Mais à partir de 2007, nous y sommes retournés régulièrement, pour voir la progression des actions de l’association, au Togo. »

« Il voulait faire un musée »

C’est au cours de l’une des fêtes qu’organisaient les villageois africains à leur arrivée que sa première pièce d’art africain a été offerte à Marc Aguirregabiria. « Par la suite, je lui disais souvent : mais que fera-t-on de tout cela le jour où l’on voudra s’en aller ? », soupire Isabelle Aguirregabiria. « Il a confié à nos enfants et à des proches qu’il souhaitait créer un musée. Un musée des cultures et des croyances, pour initier les gens. »

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