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David Goncalves
26 novembre 2018
Un Normand à la tête du plus grand concours des métiers

Un Normand à la tête du plus grand concours des métiers

Son père était mécanicien, sa mère, femme de ménage, dans l’Orne. Michel Guisembert est devenu fraiseur. Avant de prendre de grandes responsabilités qui l’ont conduit jusqu’à la présidence du comité français des Olympiades des métiers, le plus grand concours des métiers au monde. Les finales nationales, organisées du 29 novembre au 1er décembre à Caen, attendent 70 000 visiteurs.

1951 : naissance à Mortagne-au-Perche (Orne). Fils d’un mécanicien et d’une femme de ménage, il passe un CAP de mécanique générale à l’orphelinat de Giel, puis rejoint les Compagnons du devoir.

1973 - 1997 : il entre chez Rassant (engins de levage), à Chartres. Il en devient cadre dirigeant.

1989 - 2013 : élu national chez les Compagnons du devoir, puis secrétaire général et président national.

2003 - 2011 : directeur général d’une association de réinsertion en région parisienne.

Depuis 2012 : président du comité français d’organisation des Olympiades des métiers.

700 candidats en compétition pendant trois jours, 70 000 personnes attendues, 70 000 m² dédiés à la compétition. Un budget de 9 millions d’euros. Les chiffres des finales nationales des Olympiades des métiers sont vertigineux.

Au terme de la compétition, qui se déroulera à Caen du 29 novembre au 1er décembre 2018, sera constituée l’équipe de France. Une partie concourra à Kazan, en Russie, l’été prochain. Créés en 1950, les Worldskills (la dénomination internationale des Olympiades) sont le plus grand concours des métiers au monde.

Diplômé « bac moins 5 »

À quelques jours des finales nationales, dans son bureau d’un grand immeuble parisien, Michel Guisembert, le président du comité français, affiche la sérénité de l’homme expérimenté.

Né dans l’Orne, diplômé « bac moins 5 », l’apprenti mécanicien a très tôt affûté les outils avec lesquels il s’est construit une carrière hors norme, à son image, avec compétence et humanité.

Fils d’un mécanicien de Mortagne-au-Perche et d’une femme de ménage, il avait, enfant, « beaucoup de plaisir » à aller voir son papa travailler le soir dans son atelier. Le père rêve de mieux pour son fils : la famille a peu de moyens, Michel Guisembert part en mécanique générale chez les prêtres salésiens de Giel. « Ça sonnait bien, mécanique générale » , raconte-t-il.

Des semaines durant, il s’use les mains à pousser la lime. « Je voulais toucher un moteur. J’ai interrogé mon chef d’atelier. Il m’a répondu « Jamais ! La mécanique générale, c’est du tournage et du fraisage. Mais ce que tu fais est très bien. » Ce compliment a été pour moi un tremplin extraordinaire. » Il ne sera pas fraiseur, il sera un bon fraiseur.

La phrase du prêtre résonne toujours en lui aujourd’hui. « Rien n’a changé. On a tous besoin d’un guide à un moment de sa vie. Les gamins d’aujourd’hui sont ce que nous en avons fait : ils ont besoin de se sentir stars et d’entendre qu’ils font des choses formidables. C’est ça que leur offrent les Olympiades des métiers. »

Un métier pour rebondir

Compétence et humanité ont offert à Michel Guisembert des opportunités et de grandes responsabilités. Dans sa vie professionnelle et dans ses engagements au service des jeunes ou des paumés.

Après un diplôme d’ingénieur, passé à 52 ans, il est allé se frotter au monde de ceux restés sur le bas-côté de la route, en devenant directeur général d’une association de réinsertion de la région parisienne : 1 500 personnes, qui avaient tout perdu, et en premier toute perspective d’avenir. « Salaire, logement, santé, famille, amis… Vous savez combien de temps il faut pour n’être plus rien quand on a tout ? Sept mois. »

Il s’y forge un peu plus la conviction qu’on n’est rien sans un métier. « Quand on n’a pas de métier, on n’a pas la capacité de rebondir face aux aléas de la vie. » C’est son combat. Il le mène en organisant les Olympiades des métiers. Sa façon d’être « passant d’un morceau de l’histoire ».

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